7.12.09

CANICHE

















Vu aujourd’hui : un caniche au volant d’une BMW… ou n’était ce pas plutôt une Mercedes ?

12.10.09

UN BANC, UN CHIEN


















Bien sûr quand je me suis assis je croyais bien que c’était un banc, sinon pourquoi me serais je assis dessus?
Mignon ? Oui, oui, très mignon, poil ras, truffe rose, babine avenante, mais ce n’est pas une raison pour s’asseoir sur un chien?
Alors ? Vengeance ? Pfffff …
On n’accuse jamais personne de prendre un banc - aussi mignon soit-il - pour un chien, n’est ce pas, tandis que le contraire vous attire les foudres du public et pourtant où est la différence ? Un banc un chien, un chien un banc…un chien ?
Afin de réconcilier tout le monde, j’ai fait l’acquisition des deux, un jour je promène le banc, un jour le chien, puis je m’assois sur l’un puis sur l’autre, question confort c’est kif-kif… Question affection, c’est le chien qui l’emporte malgré tous les efforts du banc pour m’attendrir.

3.10.09

HELMUT


















Helmut me regarde
enfoui dans son manteau de loutre.
J’aimerais qu’il me parle pour entendre
son tendre accent car je me sens si seule
dans mon tailleur.
Il fait froid, que cette soirée d’opéra
est longue.
Helmut est compositeur
de musique contemporaine.
La salle se vide au fur et à mesure,
dans sa fourrure Helmut sourit,
c’est ça sa vie.
A la fin, Helmut me dit : “ on y va”.
Je ne sais pas où on va.

7.9.09

EMBOUTEILLAGE
















Remplir la bouteille à moitié vide du plein qui lui manque ou plutôt se remplir soi même de cette moitié et contempler ensuite la bouteille vide pleine de vide comme on dit. Passer de l’autre côté puis observer ce qui se passe, l’ondulation de l’air, la danse des objets, l’assouplissement des murs, la fuite des matières. Claquer des cils hop tout se rassemble au garde à vous dans la suspension du souffle, tousser, la bouteille vide comme un simple esprit est au centre du tumulte. Circuler sur le périphérique et tenter d’ élaborer sa théorie sur les vases communicants.

31.8.09

PYJAMA


















Les grand malades en pyjama
Ensuite on enlève le pyjama
Malades ils ne sont plus.
Les petits enfants en pyjama
Tous les soirs on met le pyjama
Tous les matins on enlève le pyjama
Puis un jour plus de pyjama.
Le pyjama n’est plus.

27.6.09

LE CERCLE


















Tous les lundis, on se réunit.
C'est le lundi, c'est comme ça.
On apporte des fruits secs, de l'eau,
des choses comme ça.
Chacun raconte ce qu'il fait,
c'est intéressant.
Après, on vote,
c'est difficile, il faut bien réfléchir,
c'est à ce moment
que la réserve de fruits secs diminue.
Ensuite, on élimine, non sans effort.
A partir d'une certaine heure,
on se sépare, on se salue et on se dit
à lundi prochain en souhaitant intimement
ne pas disparaître un de ces jours.

13.5.09

VIVE LA GÉOMÉTRIE!


















Des ronds des carrés. Ah ! si tout était géométrie, je suis sûre que ça tournerait plus rond. Vive les losanges, les quadrilatères et les octogones, à bas les formes informes ! Zéro pointé meilleure note !
Tête au carré programmée pour tous les nouveaux-nés et parfaits rectangles funéraires pour les partants. Nuit horizontale, jour vertical… effacement du doute.
Pleines lunes débordées par la libido débridée des fusées.
Segment de vie inscrit sur la fiche. Réalisation de soi par la distance parcourue du point A au point B incluant une gymnastique topologique quotidienne pour affiner les courbes, prison éternelle pour les déviants emprunteurs de zigzag démesurés. A la brisure du cercle, apparition de la tangente signe du déclin, suivre la flèche direction chute dans l’infini, découverte de nouveaux espaces.

10.5.09

JE MENS


















Silencieusement
Je mens
Dire dire dire
De la nuit les plus sombres
Ombres elles
Sont chinoises
ou ruses
Aimantes métalliques
Le long des murs
Glissant
Un coup d’éclipse
Je scrute
Rien rien
Plus rien dans le noir
Ne ment.

16.4.09

DANS MON LIT















Dans mon lit
Il y a moi
Seulement moi ce n’est pas beaucoup.
Souvent on dit
Il n’y a presque personne ici
Ou
Il n’y avait presque personne à ce spectacle…
Ça signifie quand même une bonne dizaine au moins,
Alors dans mon lit…
Je ne m’explique pas cet insuccès,
Il y a pourtant quatre oreillers bien douillets
Les draps sont propres, alors ?
Et si c’était à cause de moi ?
Mais si je m’en vais, alors il n’y aura plus personne !
Non tant pis je préfère rester dans mon lit.

18.3.09

À POIL


















Je chevauche une idée à poil
C’est une idée qui prend corps
Mais ce n’est pas ce que l’on croit
Car la voilà qui s’évapore
Je me retrouve stupide
Dans la position du cavalier
Assis sur du vent
Ma belle idée caracolant devant…

16.3.09

POLITESSE


















A un moment je dis cessons d’être poli, cessons d’être content.
Déployons notre vulgarité et notre méchanceté
car il est temps. Ainsi,
entre la vieille dame qui fait pipi
et la vieille qui pisse
nous choisissons notre camp.
Plus de bonjour merci
ma main s’écrase sur ton nez
si tu me laisses pas passer .
Nous mordrons le museau des caniches,
et couperons la queue des vaches
ta gueule c’est moi qui dis !
Bercés dans un monde de brutes
cajolés par des catcheurs masqués,
de nouvelles vibrations
raviveront nos piles usées.
Chaque jour apportera
son programme de massacres
puis à un moment le réveil sonnera
et devant la glace de l’armoire
dans mon pyjama en pilou
le cheveu en bataille
je lancerai cette sentence :
« Maintenant, il est temps
de ranger l’appartement ! »

9.3.09

JOSYANE EN ACTION


















Sur la photo on voit une femme d’environ quarante cinq ans, dodue. Entre ses mains elle tient une fleur qu’elle s’apprête à disposer sur une composition florale, les fleurs déjà fixées ont l’air d’être des narcisses. A côté, posé sur un papier, un tas de feuillage destiné à agrémenter le bouquet. La femme est debout. A sa droite dépassant de ses fesses on voit un bout d’un radiateur électrique mural, et plus haut, au niveau de ses épaules, un morceau de tapisserie ou une peinture on ne voit pas très bien… Des motifs de cette décoration dépassent aussi en frise un peu plus loin derrière son visage. La femme ne regarde pas l’objectif, elle regarde la fleur qu’elle tient entre ses doigts. La photographie est sous-titrée : Josyane en action.

3.3.09

LE DANCING


















Zut le violeur a encore récidivé ! Lui dire de ne pas recommencer! Je sais je sais, il répond toujours, mais il RE CI DI VE !
C’est dans le journal, on peut lire ce qu’il a fait aux femmes, certains lisent plusieurs fois, ah le salaud ! et ils relisent : « alors comment ça s’est passé exactement… »
- Mais qu’est ce qu’on va faire de toi ? disaient les parents et maintenant le gentil commissaire aussi.
- I faut l’enfermer et lui couper la b… -c’est pas Dieu possible ! On entend.
La boule à facette, et les filles à fossette, ça s’est tout mélangé, le Gin tonic et la musique à fond la caisse, à chaque fois … pareil.
Comment freiner le train à grande vitesse ? On peut pas, il est parti… c’est trop tard.
Paf ! dans le mur. Le dancing, c’est fini pour moi, plus jamais, le dancing c’est dangereux, direct du dancing tu vas à la case prison et c’est pas du monopoly, tu touches pas les billets !
Le reste de la vie en jogging et en pantoufles et quelques souvenirs jolis quand même, de filles multipliées dans la lumière.

2.3.09

LE CHOIX


















Partons en vacances, en Amazonie, ou pour 259,90€ par personne en Tunisie, ce sera gratuit pour un enfant de moins de 4 ans. Vite fabriquons cet enfant toute affaire cessante, ce sera si magnifique ce voyage pour débuter dans la vie ! Des petites babouches toute mini on lui achètera, et aussi des poufs, en cuir pour le salon, et des chameaux en terre cuite pour une tante !
Ou bien changeons de matelas, il paraît que c’est le moment, pas la peine de faire l’enfant, et en plus ils nous débarrasseront du vieux, c’est inespéré ! quelle chance on a, choisir comme ça !
Sinon il y aussi des cours d’Anglais, c’est utile…

1.2.09

SAVONS


















Nous le savons
mais ne le souhaitons pas
car demeurer sales
et haïs de tous
voilà notre projet,
et nul produit récurant
ne se frottera à ce serment.
Ni ajax ni mir
Ne saura nous rendre sympathique
Car dans l’abject nous jubilons
Tout ce qui est infect et impoli
Nous ravit.
No savon Ni gant !
Voilà notre slogan.

28.1.09

L'AUTRE MONDE


















Dans l’aspirateur comme un ventre sale, stagne un monde un genre de monde beau comme un frère
un gendre idéal, plein de clins d’œil, de moues de bouche et sourcils épais qui font se presser les filles poussières.
Des fils de tapis issus de bonnes familles aussi tissent des barrières à l’arrière pour éviter tout repli sur soi.
Quand vient le moment de vider le sac, émois, pleurs et déchirements
se précipitent à l’extérieur, à la découverte de l’autre monde,
moins beau.

25.1.09

MON MOI


















Jamais sans mon moi cet idiot qui ne sait rien.
Plié dans la valise,
je souhaite qu’il se tasse.
Encombrement de ses membres inutiles, ça dépasse…
A la pelle je creuse !
Aveugle ou sourd il se déguise
et de gémir comme un enfant maudit.
Dans la piscine tout au fond on se réconcilie,
notre maillot de bain de compèt
nous va bien.
Mouillés trempés
tout collés on ne fait plus qu’un.

23.1.09

CASSEROLES


















Cependant scrutons encore le fond
des casseroles,
des erreurs de jugement s’y collent,
« Mange ta viande » dit l’homme à la veste verte à la petite fille en rose qui croque une frite,
des errements de colibacilles aussi, on compte quelques larmes de cendrillons, deux ou trois crachats de souillons, beaucoup d’abandons de domiciles…
Tout ça mijote aux petits oignons et quand une fois la soupe servie il faut encore récurer; dans le miroir terni de l’inox on aperçoit une brochette de gueules cassées pas ravalées, qu’on servirait même pas aux chats.
« mets ton bonnet et avance, la route est longue »
Dans le reste de salade un petit ver fait le voeu de sauver sa peau.

21.1.09

MAQUEREAU


















J’ai un ami maquereau.
Beaucoup de gens ne comprennent pas cela.
Je précise que mon ami est en écaille argentée.
Malgré cette distinction, les gens ne me comprennent pas.

19.1.09

QUATRE VERRES DE VIN


















Quatre verres de vin
c’est pas des vers à soie
n’est ce pas ? et justement
quand il s’agit de rentrer chez soi,
le chemin le plus court n’est pas forcément
celui que l’on prend
mais cela n’a pas d’importance
car tant qu’on marche
on sait ce qu’on fait,
mais si l’on sombre
on risque de se perdre
et peut être ne jamais
se retrouver.
Tout ça pour quatre verres
De vin ! c’est cher payé !
Mieux vaut se renseigner
sur le prix du ver à soie.

QUESTION


















J'ai demandé à mon père mais il était mort.
Alors j'ai demandé à ma mère qui m'a répondu
- « va demander à ton père »
- « Mais maman papa est mort ! » lui ai-je dit.
- « Et alors » elle répondit.
Je n'eus jamais de réponse à ma question et je finis par oublier quelle était cette question, si bien qu'aujourd'hui quand mon enfant m'interroge je lui réponds :
- « Tu as bien de la chance d'avoir encore ton papa, alors ne l'embête pas avec tes questions ! »
Il semble bien comprendre ce que je lui signifie et il s'éloigne méditant ces bonnes paroles.

18.1.09

ATTENTION AU TAPIS


















Oh vous êtes si beau votre main pâle sur le revers de votre manteau, c’est du satin n’est ce pas non ne me dites pas je devine très bien, c’est cela, votre sourcil droit est légèrement plus fourni que le gauche il me semble et vous ne souriez jamais, non bien sûr laissez moi plier votre écharpe là sur le dossier hum c’est doux votre écharpe et maintenant parlez-moi un mot ou deux cela suffit eh bien ce fut une excellente journée attention au tapis oh vous avez failli… je vous ferai signe par la fenêtre, allez.

15.1.09

PAN LE PAON



J’aime un paon.

C’est un paon des villes. A défaut de chanter
au réveil, un petit air de flûte il me joue.
Regardez bien sous son aile : mon paon y est percé
A deux endroits,
Un chasseur maladroit le prenant pour un faon, pan !
lui troua le flan.

Après l’avoir pansé, je le mis dans un panier, et sans le dire à personne, le déposai dans mon appartement.
Que pensez-vous qu’il fit ?
Une danse savante, courbant la tête et déployant ses ailes, il m’offrit un spectacle unique.
Plus tard il se mit à tourner comme un fou autour de moi. Pas de panique ! je compris qu’il m’invitait à en faire autant je tournais donc à mon tour autour du paon, pendant toute la nuit .
Le rituel accompli, fourbus, nous nous effondrâmes dans le douillet duvet de l’édredon.
Pan -c’est le nom de mon paon- et moi sommes restés amis, même si la vie a parfois mis des bâtons dans ses roues, il demeure un bon compagnon gai comme un pinson.

13.1.09

LA COURSE


















Quand je suis partie j’ai dit au revoir à mon papa au revoir à mon maman.
Avais-je un animal ? Je lui dis au revoir.
Le monde était très grand j’étais petite.

Sur mon papier signé par mon papamaman, l’adresse dans le monde grand où je devais me rendre.
J’ai pensé que ça ne finirait jamais.
Etre vieux et encore plus vieux et très très vieux et savoir ce que c’est d’être vieux dans le grand monde.

Quand je revis ma papamaman c’était moi eux c’était moi.
La très grande télé allumée sur les courses de chevaux tout nerveux .
Alors je m’endormis un peu dans le fauteuil.
A l’arrivée de la course j’avais les bons numéros mais je n’avais pas joué.

9.1.09

QUATRE PATTES


















Le chat fit quatre pas c’est-à-dire un pas par patte,
par conséquent il n’alla pas très loin avant de s’arrêter.
Ensuite il traversa une rue imprudemment, on peut dire même, qu’il ne la traversa pas tout à fait puisqu’une voiture l’écrasa avant qu’il n’eût atteint l’autre côté. Il s’ensuit que cette histoire de chat n’a plus ni queue ni tête.